Conversion & installation

L'agriculture biologique en France en chiffres : surfaces, fermes et marché (données 2024)

Conversion & installation · Publié le 2026-10-27

Champ de blé mûr au premier plan, bordé d'une lisière de bois sous un ciel clair
Champ de blé à Vallangoujard (Val-d'Oise), autochrome de Stéphane Passet. CC0.

Chaque année, en juin, l'Agence Bio publie les chiffres de l'agriculture biologique en France, à partir des données des organismes certificateurs. Ceux de 2024, présentés le 12 juin 2025, dessinent une situation contrastée : le bio occupe toujours un dixième de la surface agricole et le nombre de fermes progresse légèrement, mais les surfaces reculent pour la deuxième année consécutive et les conversions ralentissent nettement.

Les surfaces : un dixième du territoire agricole

À la fin de 2024, la surface agricole conduite selon le mode biologique, certifiée ou en conversion, atteignait 2,71 millions d'hectares en France, soit 10,1 % de la surface agricole utile (SAU). Ce chiffre cache une dynamique en retrait : les surfaces engagées ont diminué de 56 197 hectares en 2024, après une baisse comparable en 2023. Dans le détail, les surfaces certifiées reculent d'environ 1 %, tandis que les surfaces en conversion diminuent plus fortement, de 8 %, ce qui confirme le ralentissement des nouvelles conversions.

Ces deux mouvements n'ont pas la même signification. La baisse des surfaces certifiées traduit des arrêts : départs à la retraite non remplacés en bio, déconversions d'exploitations qui ne trouvaient plus de débouchés rémunérateurs. La baisse des surfaces en conversion annonce, elle, une moindre croissance des surfaces certifiées dans les années à venir, puisque la conversion dure deux à trois ans, comme nous l'expliquons dans l'article sur la conversion étape par étape.

Les fermes : plus nombreuses, mais à un rythme ralenti

Le nombre d'exploitations engagées en bio, certifiées ou en conversion, continue de progresser légèrement : 61 877 fin 2024, soit 714 de plus qu'un an plus tôt (+1,2 %). Elles représentent 16,8 % des exploitations agricoles françaises. Cette part est plus élevée que celle des surfaces, car les fermes bio sont en moyenne plus petites, avec une proportion importante de maraîchers, d'arboriculteurs, de viticulteurs et de producteurs de plantes aromatiques. Selon le communiqué de l'Agence Bio, le solde entre producteurs entrants et sortants reste positif, d'environ 1 %. Le renouvellement des générations pèse sur ces chiffres : chaque départ à la retraite pose la question de la reprise des terres, et les candidats qui veulent reprendre une ferme ou acheter une maison avec du terrain pour s'installer en bio se heurtent souvent au prix et à la disponibilité du foncier.

Les régions

L'Occitanie reste de loin la première région bio par le nombre d'exploitations engagées (14 663 selon le graphique publié par l'observatoire régional de Nouvelle-Aquitaine à partir des données de l'Agence Bio), devant la Nouvelle-Aquitaine (8 902) et Auvergne-Rhône-Alpes (8 403), puis Provence-Alpes-Côte d'Azur, les Pays de la Loire, la Bretagne et le Grand Est. La Nouvelle-Aquitaine se maintient au deuxième rang national en nombre d'exploitations comme en surfaces.

Nouvelle-Aquitaine, fin 2024Valeur
Surface en bio et en conversion340 569 ha
Part de la surface agricole régionale8,8 %
Exploitations engagées8 902
Part des exploitations de la région13,9 %
Surfaces en première année de conversion13 180 ha

Dans cette région, les surfaces en conversion ont reculé de 24 % par rapport à 2023. La situation de la vigne y est détaillée dans notre article sur la viticulture bio en Nouvelle-Aquitaine.

Le marché : la reprise après quatre années difficiles

Après une décennie de croissance rapide, la consommation de produits bio a reculé à partir de 2021, dans un contexte d'inflation alimentaire qui a poussé les ménages vers les produits les moins chers. Les grandes surfaces ont réduit leurs références bio, et de nombreux magasins spécialisés ont fermé.

Les données publiées en 2025 marquent un tournant. Selon l'Agence Bio, citée par l'observatoire régional, la reprise des ventes en grande distribution, le rebond des magasins bio et le dynamisme de la vente directe ont abouti à une croissance en valeur de 4,1 % au premier semestre 2025 par rapport au premier semestre 2024, le premier semestre de croissance tous circuits confondus depuis 2021. La restauration hors domicile représente environ 9 % de la consommation bio, dont 8 % pour la restauration collective, soumise depuis la loi EGalim à un objectif d'au moins 20 % de produits bio en valeur.

L'objectif fixé par la loi

La loi n° 2025-268 du 24 mars 2025 d'orientation pour la souveraineté alimentaire et agricole et le renouvellement des générations en agriculture fixe un objectif de 21 % de la surface agricole utile en agriculture biologique en 2030. Avec 10,1 % fin 2024 et des surfaces en recul, l'écart est considérable : il faudrait plus que doubler les surfaces en six ans. Les leviers discutés sont connus : soutien aux débouchés, notamment en restauration collective, aides à la conversion et au maintien, recherche sur les difficultés techniques comme la protection de la vigne. Les aides actuelles sont présentées dans notre article sur les aides à l'agriculture biologique.

Comment lire ces chiffres

Pour suivre l'évolution, les publications annuelles de l'Agence Bio et des observatoires régionaux, ainsi que les notes de conjoncture du ministère de l'Agriculture, restent les références.

Sources